Les motards et la sécurité routière : signalétique renforcée ou équipement ?
Le débat actuel sur la sécurité des motards porte sur deux optiques différentes : les pouvoirs publics font le choix de la visibilité, les motards voudraient renforcer les dispositifs de retenue. Que faut-il en penser ?
D'abord, les chiffres alarmants : en 2010, les deux roues représentent plus d'un décès sur quatre ! Et le niveau de risque, calculé par la Sécurité Routière, montre qu'on risque 16 fois plus sa vie pour un deux roues qu'à bord d'un V.L.
Le niveau de risque selon le type de véhicule : 16 fois plus pour un deux roues que pour un V.L. !
Sur le plan réglementaire, la circulaire 88-49 de 1988 évoquait pour la première l’emploi d’un dispositif, dont la circulaire de 1999 n° 99-68 fixait définitivement l’emploi. Une politique activement menée à partir de 2004 avait commencé à porter ses fruits (-26 % de décès entre 2000 et 2010), mais elle demeure incomplète à ce jour.
Il s'agit de l'installation d'un dispositif plat et sans angles vifs, qui redirige un motard en perdition et surtout d’éviter l’effet guillotine sur les supports. Voir par exemple: http://www.solosar.fr/fr/solosteel/ecran-moto
Certes, rendre les motos plus visibles aux autres usagers est un orientation qui doit être étudiée, et pour laquelle nous n'avons pas d'avis en l'attente de résultats chiffrés, mais elle ne doit pas faire oublier que les aménagements routiers ont fait leurs preuves pour l’accidentologie des deux-roues motorisés.
De par leur stabilité moindre, — et qu'ils soient rendus mieux visibles ou pas ne changera rien — les motards sont plus exposés à un risque de sortie de route lorsqu’ils circulent sur une infrastructure mal conçue ou en mauvais état.
De plus, si perte de contrôle, les conséquences d’une chute peuvent être particulièrement sérieuses en cas de choc contre un obstacle faisant partie intégrante des aménagements routiers.
C'est pourquoi les conducteurs de deux roues se positionnent en faveur de « doubler les glissières de sécurité », c'est à dire d'adjoindre un écran de protection pour motard sous la glissière existante selon les circulaires de 1988 et 1999.
Alors, signalétique ou dispositifs de retenue adaptés ? Espérons simplement que l'équipement qui a fait ses preuves ne soit pas sacrifié...
Contact presse: Patrick Asimus, directeur général Solosar.